Marie-Clotilde de France (1759-1802)

Marie Adélaïde Clotilde Xavière, née le 23 septembre 1759 et morte le 7 mars 1802, fut reine de Piémont-Sardaigne.
Elle naquit à Versailles en 1759. Celle qu’on surnommait « Gros Madame » fut élevée par Madame de Marsan avec sa jeune sœur, Madame Elisabeth (née en 1764). Elle perdit son père en 1765 et sa mère en 1767.
En 1775, elle épousa Charles-Emmanuel de Savoie, prince de Piémont, fils aîné de Victor-Amédée III de Sardaigne et de Marie-Antoinette d'Espagne. Ils n’eurent pas d’enfants, mais furent très liés, unis par une piété solide et une foi sincère.
La Révolution fut perçue comme une calamité à Turin : la cour avait accueilli dès 1789 le comte d’Artois, frère de Clotilde, qui avait épousé une sœur de Charles-Emmanuel. Leur frère, le comte de Provence était lui aussi marié à une princesse de Savoie et la princesse de Lamballe, victime des massacres de septembre était également membre de la Maison de Savoie.
Cependant, si Clotilde eut la joie de revoir son frère le comte d’Artois, parti en émigration avec sa famille et ses tantes, Mesdames, filles de Louis XV, parties en émigration en 1791, elle eut la douleur d’apprendre la mort de son frère Louis XVI et de sa belle-sœur Marie-Antoinette guillotinés en 1793, de sa sœur Elisabeth guillotinée en 1794 et de son neveu Louis mort à la prison du temple en 1795, à l’âge de 10 ans.
En 1796, sous la conduite du général Bonaparte, les troupes Françaises envahissent le nord de l’Italie et s’empare du comté de Nice et du duché de Savoie.
Le beau-père de Clotilde meurt et son mari accède au trône sous le nom de Charles-Emmanuel IV de Sardaigne. Le nouveau souverain tâchera d’amadouer la république française mais malgré ses protestations d’amitié, le général Joubert, envahit ses états en 1798. La cour de Turin se réfugie en Sardaigne (où elle demeurera jusqu’en 1814).
Clotilde y meurt en 1802 à l’âge de 43 ans. Son mari abdique en faveur de son frère cadet Victor-Emmanuel et se retire dans un cloître.
Clotilde a été déclarée « Vénérable » par l’Église catholique, première étape vers la reconnaissance de sa sainteté…

Huile sur toile de Johann Ernst Heinsius vers 1780