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Marie-Josèphe Caroline Eléonore Françoise Xavière de Saxe (Maria Josepha Carolina Eleonore Françoise Xavière von Sachsen, 1731-1767), fille d'Auguste III, roi de Pologne et électeur de Saxe, et de Marie-Josèphe d'Autriche. Elle épousa en 1747, le Dauphin Louis de France, fils de Louis XV, jeune et inconsolable veuf de l'infante d'Espagne Marie-Thérèse de Bourbon dont il avait eu une fille, Marie-Thérèse en 1746.
Le bracelet de la dauphine
Un problème épineux se posait tout de même : le grand-père de Marie-Josèphe Auguste II de Pologne, était le concurrent victorieux du père de la reine de France, Stanislas Leszczynski, au trône de Pologne.
Un tel mariage ne pouvait que déplaire à la reine. Or il était de tradition que trois jours après les noces, la dauphine portât un bracelet à l'effigie de son père. la reine, souvent humiliée par les maîtresses de son mari devrait elle subir cet affront imposé grâce au protocole par sa belle-fille ?
Le jour dit, avisant le bracelet, elle demanda à sa jeune belle-fille si c'était bien là le portrait de son père. La jeune fille acquiesça et lui montra le bijou : il représentait le portrait de Stanislas qui, depuis le mariage, était devenu le grand-père par alliance de la princesse. La reine et la cour furent fortement impressionnées par le tact de cette jeune fille de 15 ans.
Marie-Josèphe aurait encore à faire montre de tact et de diplomatie dans sa nouvelle famille et cette cour où régnaient toutes sortes d'inimitiés et d'intrigues.
En effet, son mari ne pouvait oublier sa première épouse morte en couches après lui avoir donné une fille et traitait la seconde avec froideur. A force de tact, de douceur et soutenue par sa belle-sœur Madame Henriette, elle conquit peu à peu son mari et son couple fut un des plus solides de l'histoire de France. On la vit même pleurer sincèrement lorsque la petite Madame, issu du premier mariage de son époux mourut prématurément à l'âge de deux ans.
Une famille déchirée
Alors que Marie-Josèphe franchissait pour la première fois les grilles du Château de Versailles, la Cour était dominée par la marquise de Pompadour, une bourgeoise devenue favorite du roi (et marquise par la même occasion), artisan du "mariage saxon" que lui avait suggéré le populaire héros de la victoire de Fontenoy, le maréchal de Saxe, oncle "par la main gauche" de Marie-Josèphe.
La nouvelle dauphine, surnommée Pepa, sut se concilier à la fois Mme de Pompadour, son beau-père Louis XV et sa belle-mère la reine Marie Leszczynska mais dut aussi compter avec la haine de son mari et de ses belles-sœurs pour la favorite.
Elle trouvait une belle-famille déchirée par les rancœurs et les tensions : le roi et son épouse ne vivaient plus ensemble depuis dix ans. La pieuse reine Marie Leszczyńska vieillissait, recluse au milieu de vieux amis vieillissant mais elle n'oubliait pas que son père Stanislas Leszczynski avait été le concurrent malheureux au trône de Pologne face au grand père puis au père de Marie-Josèphe.
Ses filles, Mesdames, célibataires, ne cessaient de blâmer la vie déréglée de leur père.
Le dauphin Louis, veuf de dix-sept ans, souffrant des souffrances de sa mère et "divinisé" par ses sœurs, ne savait dissimuler sa désapprobation et ne s'entendait pas non plus avec son père.
C'est dans ce contexte difficile que la Dauphine parvint à se faire aimer de tous, tant elle était intelligente, douce et aimante.
La mère des derniers rois de France
Après trois ans de stérilité (et de critiques de la cour), elle mit au monde huit enfants entre 1750 et 1764.Ses trois fils survivants montèrent sur le trône de France :
-Marie-Zéphyrine (1750-1755) dite Madame
-Louis, duc de Bourgogne (1751-1761)
-Xavier Marie Joseph, duc d'Aquitaine (1753-1754)
-Louis-Auguste, duc de Berry puis Dauphin (1754-1793) épouse en 1770 Marie-Antoinette d'Autriche (1755-1793)
-Louis-Stanislas, comte de Provence (1755-1824) épouse en 1771 Marie-Joséphine de Savoie (1753-1805)
-Charles-Philippe, comte d'Artois (1757-1836) épouse en 1773 Marie-Thérèse de Savoie (1756-1810)
-Marie-Clotilde, dite Madame (1759-1802) épouse en 1775 Charles Emmanuel IV(1751-1824), roi de Sardaigne et duc de Savoie
-Élisabeth, dite Madame Élisabeth (1764-1794)
Son fils aîné, le duc de Bourgogne, enfant précoce, la comblait de fierté. Elle débordait pour lui d'amour maternel. De même que le dauphin, son mari, elle ne pouvait s'empêcher de le préférer à ses autres enfants (ce dont le futur Louis XVI souffrit). Sa mort, en 1761, fut pour elle une épreuve que, seule, sa piété lui permit d'accepter.
Elle eut aussi à conquérir son mari, qui tout à son veuvage, la fuyait. À force de patience et d'attentions, mais aussi avec la complicité de sa belle-sœur, Madame Henriette, elle réussit à former avec son époux un couple très uni.
Elle contribua ensuite à rapprocher le roi de son fils.
Louis XV adorait sa belle-fille, en qui il avait grande confiance.
La triste Pepa
Les épreuves ne furent pas épargnées à cette princesse que son beau-père surnomma "la triste Pépa" : en 1757, son pays natal, la Saxe, est envahie et pillée par les armées de roi Frédéric II de Prusse. La mère de Marie-Josèphe, Marie-Josèphe d'Autriche, fille de l'empereur Joseph Ier, brisée par la douleur et les mauvais traitements de la soldatesque Prussienne, en meurt.
En 1764, cédant aux parlementaires, Louis XV fit expulser les jésuites au grand dam du couple delphinal.
Au cours de ces années également, les deuils de la famille royale de France se multiplient :
1752 : mort de Mme Henriette, sa belle-sœur à 25 ans.
1755 : mort de sa fille aînée, Marie-Zéphyrine à 5 ans.
1757 : mort de sa mère et pillage de la Saxe. Louis XV victime d'un attentat, survivra.
1759 : mort de Mme Elisabeth, duchesse de Parme, sœur jumelle d'Henriette.
1761 : mort de Louis, son fils aîné.
1763 : mort de son père, le roi Auguste III de Pologne et de sa nièce Isabelle de Parme, à 22 ans, sa nièce élevée à Versailles. Aînée des petits enfants du roi, elle avait épousé le futur empereur Joseph II.
1764 : mort de la marquise de Pompadour.
1765 : mort de son époux le dauphin Louis, à 36 ans de tuberculose et de son beau-frère, Philippe Ier, duc de Parme.
1766 : mort accidentelle du roi Stanislas Leszczynski, son grand père par alliance.
Marie-Josèphe ne se remit jamais de la mort du dauphin qu'elle avait soigné elle-même jusqu'à la fin. Elle contracta son mal et mourut de tuberculose en 1767, âgée de 36 ans, laissant orphelins ses enfants aux tragiques destins.