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Louis-Antoine d'Artois, duc d’Angoulême, devenu Louis-Antoine de France, dauphin de France, puis Louis de France. Nonobstant le principe d'indisponibilité de la Couronne, il eût été éphémère roi de France durant vingt minutes très exactement, sous le nom de Louis XIX, lors des événements des Trois Glorieuses et abdiqua avant de s'exiler avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes ». Aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » (1836-1844).
Jeunesse
Né le 6 août 1775 à Versailles, il est le fils aîné de Charles X de France (1757-1836) et de son épouse Marie Thérèse de Sardaigne (1756-1805), de la maison de Savoie. Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par Louis XVI de France.
Il émigre le 13 juillet 1789 et rejoint l’armée de Condé en 1792.
À partir de 1807, Monseigneur de La Fare, évêque de Nancy, est chargé par Louis XVIII de lui verser, ainsi qu'à son frère Charles Ferdinand de Bourbon, duc de Berry, des sommes importantes pour l'entretien de sa Maison, pour les pensions de l'armée des princes et pour assurer la subsistance de ses compatriotes. Toutes les communications du continent avec l'Angleterre étaient interdites et les militaires de l'armée de Condé ne pouvaient plus recourir à Londres pour y toucher du gouvernement britannique leurs pensions alimentaires. Monseigneur de La Fare était chargé de d'ordonnancer et de vérifier le paiement de ces pensions sur des maisons de banque de Vienne. Pour les mois de mars et d'avril 1807 le versement fut ainsi de 18 676 livres tournois (soit l'équivalent de 1 634 150 euros).
Il combat en Espagne aux côtés de Wellington en 1814.
En mars 1815, étant en voyage officiel à Bordeaux, il apprend le débarquement de Napoléon à Golfe Juan. Il milite alors avec son épouse pour les royalistes, essayant d'empêcher le ralliement de Bordeaux à l'ex-empereur. Toutefois il échouera et se verra contraint d'émigrer quinze jours après Louis XVIII, le 3 avril 1815. À Donzère, durant les Cent Jours, il réclame l'exécution de la convention de La Palud à Grouchy, qui en réfère à Napoléon. Sur l'ordre exprès de ce dernier, Grouchy arrête le duc et l'envoie à Sète.
Après l'exil
En 1823 il conduisit la victorieuse Expédition d'Espagne, qui gagna la bataille du fort du Trocadéro, s'empara de Cadix et restaura, en monarque absolu, Ferdinand VII d'Espagne.
À l'avènement de son père Charles X en 1824 il devient dauphin de France.
Suite aux émeutes dites des « Trois Glorieuses », Charles X abdique le 2 août 1830 en faveur de son petit-fils Henri d'Artois (1820-1883), abdication contresignée par Louis Antoine de France qui déclare renoncer à ses droits en faveur de son neveu (d’après Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil dans ses Souvenirs, Charles X eut du mal à convaincre son fils de signer). Cette abdication, contraire aux lois fondamentales du royaume, est de toute façon sans effets, car Louis Philippe d’Orléans se fait proclamer roi des Français par les chambres le 7 août, et la famille royale part pour l’exil le 16 août.
Puis, au décès de son père à Göritz (Autriche) le 6 novembre 1836, Louis-Antoine de France devient l’aîné des descendants d’Hugues Capet, de saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV. Les légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX ».
À sa mort en exil à Göritz (Autriche ; maintenant Gorizia, en Italie) le 3 juin 1844, son neveu, Henri d'Artois (1820-1883) lui succède comme aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » sous le nom d'« Henri V ».
En exil, Louis de France portait le titre de courtoisie de « comte de Marnes ».
Il est enterré à Nova Gorica, en Slovénie.
Louis XIX
Même si officiellement ce fait n'est que peu évoqué, on peut considérer que Louis XIX a bien régné sur la France. En effet, lorsque Charles X signe son abdication le 2 août 1830, son fils signe l'acte de renoncement à la couronne. Or, entre le moment de l'abdication de son père et la signature de son acte de renoncement, vingt minutes se sont écoulées, pendant lesquelles il fut officiellement Louis XIX.Selon un chroniqueur de l'époque (il a récemment été prouvé que cela était faux, il aurait supplié : « Laissez-moi régner seulement une heure. » On lui répondit alors : « Vous ? Sûrement pas ! ». Ces vingt minutes font de lui le roi ayant régné durant le laps de temps le plus court (Jean Ier et Henri V sont deuxièmes ex-aequo, avec cinq jours de règne).
Mariage et descendance
Le 10 juin 1799, il épouse au château de Mittau (Russie) sa cousine germaine Marie Thérèse de France (1778-1851), fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas d'enfants.
De retour de son exil, après la chute de Napoléon, Louis-Antoine d'Artois eut une relation extra-conjugale avec une noble d'origine basque, Marie de Metève, avec laquelle il eut un fils, non dynaste: Louis-Ferdinand de Bourbon. La descendance de cette branche émigra en Argentine, pays où les Borbón-Meteve sont encore présents avec la citoyenneté argentine.