La famille des derniers rois de France

04 novembre 2009

Avant-propos

Fichier:Grand Royal Coat of Arms of France & Navarre.svg

Ce site a pour ambition de raconter la vie des derniers Bourbons directs,à partir du père des 3 derniers rois de France,le dauphin Louis-Ferdinand de France.

Nous verrons des biographies sur la famille royale,des albums-photos sur des membres marquants de cette famille,les différents événements historiques auxquels ils ont été mêlés et plein d'autres choses.

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08 novembre 2009

Louis XVI (1754-1793)

Fichier:Ludvig XVI av Frankrike porträtterad av AF Callet.jpg

Louis XVI, Louis Auguste de France, surnommé Louis le Dernier ou Louis Capet par les Révolutionnaires, né le 23 août 1754 à Versailles et guillotiné pour « trahison » le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution à Paris, est roi de France et de Navarre (1774-1791) puis roi des Français (1791-1792).
Il est le fils de Louis de France et le petit-fils de Louis XV auquel il succède en 1774, et le frère aîné des futurs rois Louis XVIII et Charles X.
Le règne de Louis XVI est marqué par des réformes importantes concernant le droit des personnes : abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du péage corporel des juifs d'Alsace en 1784, édit de tolérance des protestants en 1787. Il est aussi marqué par quatre tentatives de réformes profondes du royaume (1774-1776, 1781, 1787 par deux fois) passant par l'instauration d'un impôt direct égalitaire (en remplacement de la taille inégalitaire) et d'assemblées provinciales élues destinées à contrôler cet impôt. Ces dernières réformes butèrent sur l'hostilité des privilégiés, en particulier la noblesse de robe du Parlement de Paris et la Cour de Versailles. Louis XVI tenta alors de passer outre l'opposition des privilégiés en présentant ses réformes devant une assemblée de notables (1787) puis devant les états généraux (1789).
Les dernières années du règne de Louis XVI sont marquées par la Révolution française qui, tout en reprenant certaines des réformes soutenues par le roi avant 1789, les dépassent grandement. Louis XVI est de facto devenu monarque constitutionnel en 1789, mais a été accusé de ne pas jouer le jeu constitutionnel, d'avoir manœuvré secrètement contre la Révolution et d'avoir tenté de fuir la France (arrestation de Varennes), des faits considérés comme une trahison. Il a donc été renversé le 10 août 1792 par les sections républicaines, mis en procès par les élus du peuple et guillotiné le 21 janvier 1793.
Aujourd'hui, les historiens français en général ont une vue nuancée de Louis XVI, considéré comme un honnête homme mû par de bonnes intentions, mais qui n'était pas à la hauteur de la tâche herculéenne qu'aurait représentée une profonde réforme de la monarchie.

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10 novembre 2009

Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorrraine (1755-1793)

Maria Antonia Josepha Johanna de Habsbourg-Lorraine, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d'Autriche ou Marie-Antoinette de France (Vienne, 2 novembre 1755 – morte guillotinée à Paris, le 16 octobre 1793 à 12h10), était archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, dauphine de France, reine de France et de Navarre (1774–1793), épouse de Louis XVI de Bourbon, roi de France. Elle était la sœur de Joseph II d’Autriche et de Léopold II d’Autriche.

La jeunesse
À Vienne
Marie-Antoinette est le quinzième et avant-dernier enfant de l’empereur François Ier de Lorraine et de l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse, au milieu de leurs cinq fils (Joseph l’héritier du trône, Léopold, Charles, Ferdinand et Maximilien) et de leurs huit filles (Marie-Anne, Marie-Christine, Marie-Elisabeth, Marie-Amélie, Marie-Jeanne, Jeanne-Gabrielle, Marie-Josèphe, Marie-Caroline).
Elle naît le 2 novembre 1755, au palais de la Hofburg, à Vienne, au lendemain du tremblement de terre de Lisbonne dont le pays est gouverné par son parrain et sa marraine. Elle est baptisée sous les prénoms Maria Antonia Josepha Johanna. Elle est aussitôt confiée aux « ayas », les gouvernantes de la famille royale (Mme de Brandeiss, puis la sévère Mme de Lerchenfeld) et partage son enfance entre le palais de la Hofburg à Vienne et le château de Schönbrunn. Marie-Antoinette reçoit une éducation où le maintien, la danse, la musique et le paraître occupent l’essentiel de son temps et ne bénéficie d’aucune instruction politique. À 10 ans, elle a du mal à lire ainsi qu’à écrire en allemand, parle peu et difficilement le français auquel elle préfère l’allemand, et très peu l’italien – trois langues qui étaient alors parlées couramment dans la famille impériale. Elle apprend aussi quelques rudiments de latin. À cette époque, la cour d’Autriche possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, les danses y sont moins complexes, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse. La jeune Maria Antonia Josepha est très proche de sa plus jeune sœur aînée, Marie-Caroline, qui deviendra reine de Naples en épousant Ferdinand Ier des Deux-Siciles. La légende veut aussi que la jeune Marie-Antoinette ait rencontré l’enfant prodige Mozart à cette cour, et qu’il l’aurait demandée en mariage.
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Sa mère Marie-Thérèse, comme tous les souverains de l’époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique qui est de réconcilier les Habsbourg et les Bourbons pour faire face aux ambitions de la Prusse et de l' Angleterre. Ainsi, parmi les sœurs aînées de Marie-Antoinette, si Marie-Christine, l’enfant préférée de l’impératrice (1742-1798), épouse par amour en 1766 Albert de Saxe, créé duc de Teschen, et sera nommée avec lui régente des Pays Bas, Marie-Amélie (1746-1804) épouse Ferdinand Ier, duc de Parme et Marie-Caroline (1752-1814) épouse en 1768 Ferdinand Ier, le roi de Naples et des Deux-Siciles.
Le mariage entre le dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette doit être l’apothéose de cette politique.
Marie-Antoinette quitte Vienne en avril 1770, à l’âge de quatorze ans. Selon l’usage, au moment de quitter le Saint Empire tous ses biens venant de son pays d’origine, même ses vêtements, lui seront retirés dans un bâtiment construit tout exprès sur l'Île aux Épis, au milieu du Rhin, en face de la ville de Kehl. Les deux entrées de ce bâtiment étaient disposées de telle manière qu’elle y entre du côté autrichien et en ressorte en France.
Marie-Antoinette ira ensuite attendre la cérémonie de son mariage au Château de la Muette, dont le dauphin, avait pris possession en 1764.
Dauphine
Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur les couronnes dépendant de la maison d’Autriche et, le 16 mai 1770, épouse le dauphin à Versailles. Le jour même des noces, un scandale d’étiquette a lieu : les princesses de Lorraine, arguant de leur parenté avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse, qui murmure déjà contre « l’Autrichienne ». Le soir du 30 mai 1770, où l'on fête place Louis XV, à Paris, le mariage princier, une bousculade mortelle a lieu, conduisant à plusieurs centaines de morts (131 selon les chiffres officiels, mais en réalité davantage).
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La jeune fille, au physique agréable quoique pas complètement développé, est assez petite et ne possède pas encore la « gorge » si appréciée en France. La jeune dauphine a néanmoins beaucoup de grâce et une légèreté presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Archiduchesse d’Autriche, arrière-petite nièce de Louis XIV, par sa grand-mère paternelle Élisabeth Charlotte d'Orléans duchesse de Lorraine et de Bar, objet vivant du "renversement des alliances" du roi Louis XV, elle attire dès son arrivée l’inimitié d’une partie de la cour. De plus, la jeune dauphine a du mal à s’habituer à sa nouvelle vie, son esprit se plie mal à la complexité et à la rouerie de la « vieille cour », au libertinage du roi Louis XV et de sa maîtresse la comtesse du Barry. Son mari l’aime mais l’évite, partant très tôt chasser, elle peine à s’habituer au cérémonial français, au manque d’intimité et subit péniblement « l’étiquette », rigide mode d’emploi de la cour. Elle est manipulée par Mesdames Tantes, les filles du roi Louis XV, qui lui enseignent l’aversion pour la comtesse du Barry, ce qui agace Louis XV. Par ailleurs, Marie-Antoinette s’en fera bientôt une ennemie : pendant les premiers temps, elle refuse de lui parler mais, forcée par Louis XV, finit par adresser la parole à la comtesse. Marie-Antoinette ressortira humiliée de cet incident. En outre, Vienne tente de la manipuler par le biais de la volumineuse correspondance qu’entretient sa mère avec le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d’Autriche à Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le duc de Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l’Autriche, est tombé en disgrâce moins d’un an après le mariage, victime d’une cabale montée par Mme du Barry. Cette fameuse correspondance secrète de Mercy-Argenteau est une source d’information formidable sur tous les détails de la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage en 1770 jusqu’au décès de Marie Thérèse Ire en 1780.
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Reine de France
Louis XV meurt le 10 mai 1774 et Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre à 18 ans. Toujours sans héritier à offrir à la France et toujours considérée comme une étrangère, la reine devient, dès l’été 1777, la cible de premières chansons hostiles qui circulent de Paris jusqu’à Versailles. S’entourant d’une petite cour d’amis vite qualifiés de favoris (la princesse de Lamballe, le duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac), elle suscite les jalousies des autres courtisans. Ses toilettes et les fêtes coûteuses qu’elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment en matière de mode et du commerce du textile, mais sont, malgré tout, critiquées, bien qu’elles soient une « goutte d’eau » dans les dépenses générales du fonctionnement de la cour, des administrations, ou comparées au niveau de vie de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train.
Pour retrouver à Versailles ce qu’elle a connu à Vienne — une vie plus détendue en famille avec ses amis, elle part souvent avec quelques privilégiés pour le Petit Trianon (construit par Louis XV sous l'impulsion de sa maîtresse, Madame de Pompadour, qui décèdera avant que celui-ci ne soit terminé, puis que Louis XVI offrit à Marie-Antoinette). Elle fait construire un village modèle, le Hameau de la Reine, et y installe des fermiers. Dans son petit théâtre, elle joue notamment Le Barbier de Séville de Beaumarchais et tient souvent des rôles de servante devant un Louis XVI amusé. Par son désir de plaisirs simples et d’amitiés exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d’ennemis, même à la cour de Versailles.

Vie à la cour
Elle tente d’influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres, toujours sur les conseils intéressés de ses amis. Mais, contrairement à la rumeur, son rôle politique s’avèrera extrêmement limité. Le baron Pichler, secrétaire de Marie-Thérèse Ire, résume poliment l’opinion générale en écrivant : « Elle ne veut être ni gouvernée ni dirigée, ni même guidée par qui que ce soit. C’est le point sur lequel toutes ses réflexions paraissent jusqu’à présent s’être concentrées. Hors de là, elle ne réfléchit encore guère, et l’usage qu’elle a fait jusqu’ici de son indépendance le prouve assez, puisqu’il n’a porté que sur des objets d’amusement et de frivolité. » Une véritable coterie se monte contre elle dès son accession au trône, des pamphlets circulent, on l’accuse d’avoir des amants (le comte d’Artois son beau-frère, le comte suédois Hans Axel de Fersen) ou même des maîtresses (la duchesse de Polignac), de dilapider l’argent public en frivolités ou pour ses favoris, de faire le jeu de l’Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II. Le château de Versailles se dépeuple, fui par des courtisans aigris ou préférant les plaisirs de Paris.
Le 19 décembre 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant, Marie-Thérèse, dite « Madame Royale ». Le 22 octobre 1781, c’est le tour d’un dauphin, Louis Joseph Xavier François. Mais cela ne sert pas forcément Marie-Antoinette, car les libelles ont vite fait d’accuser l’enfant de n’être pas de Louis XVI. Le 27 mars 1785, elle accouche d’un second garçon, Louis-Charles, titré duc de Normandie. En 1786 naîtra la petite Sophie-Béatrice, qui mourra en 1787 à 11 mois.

L’affaire du Collier
En juillet 1785, éclate l’« affaire du Collier » : les joailliers Bohmer et Bassange réclament à la reine 1,5 million de livres pour l’achat d’un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a mené les tractations, au nom de la reine. La reine ignore tout de cette histoire et, quand le scandale éclate, le roi exige que le nom de sa femme soit lavé de l’affront. Le cardinal est arrêté en pleine journée dans la Galerie des Glaces, sous les yeux des nombreux courtisans. Le roi confie l’affaire au Parlement, l’affaire est jugée par Étienne François d'Aligre, qui conclut à la culpabilité du couple d’aventuriers à l’origine de l’affaire, les prétendus « comte et comtesse de la Motte » et disculpe le cardinal de Rohan et le comte de Cagliostro, abusés mais innocents. Le cardinal de Rohan, aussi innocent que la Reine dans cette affaire, s’est laissé manipuler par « Madame de La Motte », mais ceci ne serait pas arrivé si Marie-Antoinette avait accordé au Cardinal les faveurs qu’il recherchait depuis son entrée en Cour. En effet, le Cardinal, frivole et volubile, est ignoré par la Reine depuis qu'il a occupé le poste d'ambassadeur de France à la Cour d'Autriche, des années plus tôt. Lorsque « Madame de la Motte », qui se dit amie et cousine de la reine, lui confie les tractations avec le bijoutier, le Cardinal demande des preuves et on va jusqu’à lui présenter une fausse Marie-Antoinette (en réalité une comédienne nommée Rosalie qui ressemblait à s’y méprendre à la reine) un soir dans le parc de Versailles et inventer une fausse correspondance ; le naïf mais néanmoins ambitieux Cardinal accepte donc sa mission avec zèle, clamant à qui voulait l'entendre qu'il était enfin devenu "intime" de Sa Majesté.
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La reine, bien qu’innocente, sort de l’affaire du collier grandement déconsidérée auprès du peuple. Non seulement l'affront ne fut pas lavé, mais il généra une réelle campagne de désinformation étendue à tout le royaume. C'est à la même époque qu'est largement diffusée une littérature notoirement diffamante à propos des amours de la reine et du roi. Parmi ces représentations, une fut très populaire : Les Amours de Charlot et Toinette, caricatures du couple royal,1789, un succès de librairie.
Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularité et tente de réduire ses dépenses, notamment en réformant sa maison, ce qui déclenche plutôt de nouveaux éclats quand ses favoris se voient privés de leurs charges. Rien n’y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de « Madame Déficit » et on l’accuse de tous les maux, notamment d’être à l’origine de la politique antiparlementaire de Louis XVI.
La Révolution
1789
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Le 5 mai 1789 s’ouvrent les États généraux. Lors de la messe d’ouverture, Mgr de La Fare, qui est à la chaire, attaque Marie-Antoinette à mots à peine couverts, dénonçant le luxe effréné de la cour et ceux qui, blasés par ce luxe, cherchent le plaisir dans « une imitation puérile de la nature » (rapporté par Adrien Duquesnoy, Journal sur l’Assemblée constituante), allusion évidente au Petit Trianon.
Le 9 juin, le petit dauphin meurt. Pour éviter la dépense, on sacrifie le cérémonial de Saint-Denis. L’actualité politique ne permet pas à la famille royale de faire son deuil convenablement. Bouleversée par cet événement, et désorientée par le tour que prennent les États généraux, Marie-Antoinette se laisse convaincre par l’idée d’une contre-révolution. En juillet, Necker démissionne. Le peuple interprète cette démission comme un renvoi de la part du roi. La reine brûle ses papiers et rassemble ses diamants, elle veut convaincre le roi de quitter Versailles pour une place-forte sûre, loin de Paris. Il faut dire que, depuis le 14 juillet, un livre de proscription circule dans Paris. Les favoris de la reine y sont en bonne place, et la tête de la reine elle-même est mise à prix. On l’accuse de vouloir faire sauter l’Assemblée avec une mine, et de vouloir faire donner la troupe sur Paris, ce qui est évidemment faux. Il est néanmoins vrai que la Reine prônera l’autorité et restera toujours ancrée dans la conviction de la légitimité du pouvoir royal, dont la diminution la révolte.
Le 1er octobre, un nouveau scandale éclate : lors d’un banquet donné par les gardes du corps de la Maison militaire, au régiment de Flandre qui vient d’arriver à Paris, la reine est acclamée, des cocardes blanches sont arborées, et selon la presse révolutionnaire des cocardes tricolores auraient été foulées. Paris est outré par ces manifestations contre-révolutionnaires, et par la tenue d’un banquet alors que le pain manque. Le 5 octobre, une manifestation de femmes marche sur Versailles, réclamant du pain, disant aller chercher « le boulanger » (le roi), « la boulangère » (la reine) et le « petit mitron » (le dauphin). De nombreux hommes armés se sont glissés dans le cortège. C’est alors qu’on attribue à Marie-Antoinette une boutade cynique : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! ». On lui a attribué cette phrase en 1789 alors qu’elle figure dans le Livre VI des Confessions de Jean-Jacques Rousseau publiées en 1782  .
Le roi, revenu de la chasse, oscille entre plusieurs options, notamment le départ de Versailles vers le château de Rambouillet, le blocage des insurgés avant leur arrivée à Versailles qu’il refuse pour ne pas risquer de faire couler du sang ou encore la simple attente. Après une certaine confusion, la famille royale reste à Versailles et le roi reçoit une délégation de femmes. En soirée La Fayette arrive avec la garde nationale et répond de la sécurité du roi. La famille royale part se coucher. Au petit matin, des émeutiers armés de piques et de couteaux pénètrent dans le château, tuent deux gardes du corps et menacent la famille royale. La reine notamment échappe de peu aux assaillants qui envahissent sa chambre et doit plus tard se montrer seule au balcon de la cour de marbre devant une foule armée. Personne finalement ne lui tire dessus mais la famille royale est alors contrainte de se rendre à Paris, escortée par les troupes du marquis de La Fayette et les émeutiers. Sur le trajet, on menace la reine, lui montrant une corde et lui promettant un réverbère de la capitale pour la pendre.
La monarchie constitutionnelle

Le 10 octobre, Louis XVI prend le titre de « Roi des Français ». Avec Marie-Antoinette, ils se seraient résolus à demander de l’aide aux souverains étrangers, le roi d’Espagne Charles IV et Joseph II, frère de la reine. Mais le roi d’Espagne répond évasivement et le 20 février 1790, Joseph II meurt. Des doutes et des controverses entre historiens subsistent sur ce possible appel à l’étranger. La Fayette suggère froidement à la reine le divorce. D’autres parlent à mots à peine couverts d’un procès en adultère, et de prendre la reine en flagrant délit avec le comte de Fersen.
Breteuil propose alors, fin 1790, un plan d’évasion. L’idée est de quitter les Tuileries et de gagner la place-forte de Montmédy, proche de la frontière. La reine est de plus en plus seule, surtout depuis qu’en octobre 1790 Mercy-Argenteau a quitté la France pour sa nouvelle ambassade aux Pays-Bas et que Léopold II, le nouvel empereur, un autre de ses frères, élude ses demandes d’aide, car, monarque philosophe, il pousse au contraire sa sœur à jouer le jeu de la nouvelle Constitution. Le 7 mars, une lettre de Mercy-Argenteau à la reine est interceptée et portée devant la Commune. C’est le scandale, une preuve, pense-t-on, du « comité autrichien », des tractations de la reine pour vendre la patrie à l’Autriche.
Le 20 juin 1791 débute la maladroite tentative d’évasion, stoppée le lendemain par l’arrestation à Varennes-en-Argonne. Très vite, Paris s’aperçoit de la fuite, laquelle avait été organisée par Axel de Fersen. Toutefois, La Fayette réussit à faire croire que le roi a été enlevé par des contre-révolutionnaires. L’explication varie selon les historiens : pour certains il cherchait à protéger les fugitifs, pour d’autres il cherchait simplement un motif juridique valable pour les arrêter. La famille royale, hors de Paris, ne se cache plus guère. Leur berline a plus de trois heures de retard et quand elle arrive au premier rendez-vous, au relais de Pont-de-Somme-Vesle, les troupes promises sont reparties, pensant que le roi a changé d’avis. Peu avant midi, la berline est arrêtée à Varennes-en-Argonne. Le maître de poste du relais précédent Jean-Baptiste Drouet, à Sainte-Menehould, a reconnu le roi. Il y a un moment d’hésitation, personne ne sachant que faire et, pendant ce temps, la foule accourt à Varennes. Finalement, la famille royale, sous les menaces et dans un climat de violence sourde, est ramenée à Paris.
File:Arrest of Louis XVI and his Family, Varennes, 1791.jpg

Après Varennes
Interrogé à Paris par une délégation de l’Assemblée constituante, Louis XVI répond évasivement. Ces réponses, rendues publiques, suscitent le scandale, et certains révolutionnaires réclament la déchéance du roi. Marie-Antoinette, elle, correspond secrètement avec Barnave, Duport et Lameth qui veulent convaincre le roi d’accepter son rôle de monarque constitutionnel. Mais elle joue là un double jeu car elle espère seulement « les endormir et [...] leur donner confiance [...] pour les mieux déjouer après » (lettre de la Reine à Mercy).Elle écrit même à Fersen ces mots : « Quel bonheur si je puis un jour redevenir assez puissante pour prouver à tous ces gueux que je n’étais pas leur dupe ». Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l’Assemblée constituante se dissout et est remplacée par l’Assemblée législative, cependant que des bruits de guerre avec les monarchies alentour, au premier rang desquelles l’Autriche, se font plus pressants. Le peuple est alors monté contre Marie-Antoinette, toujours appelée « l’Autrichienne ». Les pamphlets et journaux révolutionnaires la traitent de « monstre femelle » ou encore de « Madame Véto », et on l’accuse de vouloir faire baigner la capitale dans le sang. En avril 1792, la France déclare la guerre à la Prusse et elle subit dans un premier temps de sérieux revers. Le 3 août 1792, le manifeste de Brunswick, largement inspiré par Fersen, achève d’enflammer une partie de la population.
Le 10 août, c’est l’insurrection. Les Tuileries sont prises d’assaut, les gardes massacrés, le roi et sa famille doivent se réfugier à l’Assemblée, qui vote sa suspension provisoire et leur internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transférée à la prison du Temple. Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinée, démembrée, et sa tête est brandie au bout d’une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en trophée dans Paris. Peu après, la Convention déclare la famille royale otage. Début décembre, a lieu la découverte officielle de l’« armoire de fer » dans laquelle Louis XVI cachait ses papiers secrets et dont l’existence est aujourd’hui sujette à débats. Le procès est désormais inévitable.
Le 26 décembre, la Convention vote la mort avec une majorité étroite. Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793. Le 27 mars, Robespierre évoque le sort de la reine pour la première fois devant la Convention. Le 13 juillet, le dauphin est enlevé à sa mère et confié au savetier Simon. Le 2 août, c’est Marie-Antoinette qui est séparée des princesses (sa fille Madame Royale et sa belle-sœur madame Elisabeth) et est conduite à la Conciergerie. Lors du transfert, alors qu’elle s’est violemment cognée la tête, elle répond à ses geôliers qui s’en inquiètent son fameux « Rien à présent ne peut plus me faire de mal ». Son interrogatoire commence le lendemain.

Le procès
Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparaît devant le Tribunal révolutionnaire, mené par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procès de Louis XVI avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n’est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est monté très rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n’ayant pas réussi à retrouver toutes les pièces de celui de Louis XVI. Pour charger l’accusation, il parle de faire témoigner le dauphin contre sa mère qui est alors accusée d’inceste par Jacques-René Hébert. Il déclare que la reine et Mme Elisabeth ont eu des attouchements sur le jeune Louis XVII. Marie-Antoinette ne répond rien et un juré en fait la remarque. Marie-Antoinette se lève et répond « Si je n’ai pas répondu c’est que la nature elle-même refuse de répondre à une telle accusation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ! ». Pour la dernière fois, la foule (et surtout les femmes) applaudit la reine. Une fois la séance terminée, celle-ci demande à son avocat « N’ai je pas mis trop de dignité dans ma réponse ? », une personne dans la foule dit « elle a répondu comme un ange, on ne fera que la déporter ».
On l’accuse également d’entente avec les puissances étrangères. Comme la reine nie, Herman, président du Tribunal, l’accuse d’être « l’instigatrice principale de la trahison de Louis Capet » : c’est donc bien un procès pour haute trahison. Le préambule de l’acte d’accusation déclare également : « Examen fait de toutes les pièces transmises par l’accusateur public, il en résulte qu’à l’instar des Messalines Frédégonde et Médicis, que l’on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. » Il ajoute "la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes."

Les dépositions des témoins à charge s’avèrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette répond qu’elle n’était « que la femme de Louis XVI, et qu’il fallait bien qu’elle se conform[ât] à ses volontés ». Fouquier-Tinville réclame la mort et fait de l’accusée « l’ennemie déclarée de la nation française ». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpérimentés et n’ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire à haute voix les quelques notes qu’ils ont eu le temps de prendre.
Quatre questions sont posées au jury :
« 1. Est-il constant qu’il ait existé des manœuvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la République, lesdites manœuvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l’entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès de leurs armes ?
2. Marie-Antoinette d’Autriche (…) est-elle convaincue d’avoir coopéré à ces manœuvres et d’avoir entretenu ces intelligences ?
3. Est-il constant qu’il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l’intérieur de la République ?
4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d’avoir participé à ce complot et à cette conspiration ? »
Aux quatre questions, le jury répond « oui ».
Lorsque le jury rend son verdict, il n’existe aucune preuve de l’accusation de haute trahison que l’on impute à la reine. Le dossier est vide de toute pièce.
Techniquement, au vu des pièces du procès, il est vrai que la condamnation n’est pas basée sur des faits avérés. On l’apprit plus tard, Marie-Antoinette communiqua des directives militaires confidentielles à l’Autriche dans le but de sauver sa famille, mais aussi "pour qu’enfin on se venge de tous les outrages qu’on reçoit dans ce pays-ci" (lettre de la Reine à Mercy). Mais la preuve de ceci ne sera découverte que bien plus tard.
En réalité, il fallait condamner la « veuve Capet ». Robespierre a donc intégré au jury le médecin qui soignait la reine à la Conciergerie, lequel a indiqué aux autres jurés que de toutes façons Marie-Antoinette était médicalement condamnée (elle avait de forts épanchements sanguins) à brève échéance.
La mort
La condamnation à mort, pour haute trahison, est prononcée le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin et Marie-Antoinette est exécutée le même jour vers midi. À l'annonce de la sentence, Marie-Antoinette rédige son testament, à l'attention de Madame Élisabeth, sœur de feu roi Louis XVI : « Je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ».Elle termine son testament par ces mots:
"Mon dieu ayez pitié de moi! Mes yeux n'ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, Adieu!"
Marie Antoinette. Madame Élisabeth ne lira jamais ce testament.
Le parcours depuis la Conciergerie
Le mercredi 16 octobre à 11 heures, Marie-Antoinette franchit la grille de la Conciergerie emmenée par le bourreau, Henri Sanson (fils de Charles-Henri Sanson qui guillotina son époux Louis XVI), et se dirige vers la cour de Mai où l'attend une charrette. Un prêtre constitutionnel désigné par le Tribunal révolutionnaire l'accompagne en tant que confesseur, il s'agit de l'abbé Girard, curé de Saint-Landry. Le bourreau se place derrière la reine, son aide est assis au fond de la charrette. Sortie de la cour de Mai, la charrette roule lentement au travers d'une multitude qui se précipite sur son passage, sans cris, sans murmures, sans insultes. 30 000 hommes de troupe forment une haie tout au long du parcours. À l'entrée de la rue Saint-Honoré, des clameurs de haine se font entendre et la charrette s'immobilise. Le peintre et révolutionnaire Jacques-Louis David, assistant au spectacle, en dessine un croquis resté légendaire.
L'exécution
En début d'après-midi, la charrette apparaît sur la place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde). Sans aucune aide, Marie-Antoinette gravit l'échelle, perdant l'un de ses souliers (qui aujourd'hui fait partie de la collection du musée des Beaux-Arts de Caen). On prétend qu'elle aurait marché sur le pied du bourreau et que ses dernières paroles auraient été : « Monsieur, je vous demande excuse, je ne l'ai pas fait exprès ». Les aides l'attachent sur la planche. Elle bascule. La lunette de bois se referme. Le couperet tombe. À midi et quart, tout est consommé. L'un des bourreaux saisit la tête de la reine par les cheveux et la montre à la foule qui explose en milliers de « Vive la République ! ».
Marie-Antoinette fut inhumée au cimetière de la Madeleine auprès de son mari Louis XVI, on répandit sur elle de la chaux vive.
Inhumation

Tout comme pour Louis XVI, il a été ordonné que les bières des membres de la monarchie soient recouverts de chaux. Marie-Antoinette est inhumée avec la tête entre les jambes dans la fosse commune de la Madeleine, rue d’Anjou-Saint-Honoré. Louis XVIII y fit construire une chapelle (la chapelle expiatoire) qui fut érigée par Le Bas et Fontaine en 1826. La chapelle est ornée de deux figures sculptées représentant Louis XVI et Marie-Antoinette. Le cimetière de la Madeleine se nomme aujourd'hui le square Louis XVI. Ses restes et ceux de Louis XVI furent exhumés le 18 janvier 1815 et transportés le 21 à Saint-Denis.En 1816, Louis XVIII fit élever un monument funéraire dans la basilique, il fut réalisé par Pierre Pétiot.

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13 novembre 2009

Le dauphin Louis-Ferdinand de France

Louis de France, dauphinNé le 4 septembre 1729 après 3 filles (Louise-Elisabeth,Henriette et Louise-Marie),Louis-Ferdinand devient dès sa naissance le dauphin de son père qui n'est agé que de 19 ans.Il aura encore 5 soeurs et 1 frére.Seul 6 de ses soeurs survivront et son unique frère Philippe moura à 3 ans.Seule sa soeur ainé se mariera.

Éducation princière
Son éducation fut confiée à Jean-François Boyer, évêque de Mirepoix, homme vertueux mais de caractère étroit. Il fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il connaissait parfaitement l'anglais et excellait dans nombre d'autres disciplines. En revanche, s'il détestait l'activité physique, il devint, comme ses sœurs, un excellent musicien.
Seul fils survivant du couple royal, adulé par sa mère et ses sœur, il fut un enfant orgueilleux voire tyrannique mais très pieux, désirant ressembler à son grand ancêtre, fondateur de sa dynastie, Saint Louis. Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l'adultère du roi et la résignation doloriste de sa mère, il n'eut de cesse de ne pas ressembler à son père, sombrant très tôt dans une dévotion profonde.
L'adultère royal
Il a 7 ans quand le roi son père produit ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly. Madame de Mailly est bientôt supplantée dans le lit du roi par sa sœur, la comtesse de Vintimille laquelle meurt en couches (1741). La sœur des deux précédentes, la marquise de La Tournelle (bientôt créée duchesse de Châteauroux) lui succède.
Il a 9 ans quand ses quatre plus jeunes sœurs quittent la cour pour l'abbaye de Fontevrault où elle doivent être éduquées à moindre frais.
Vie de couple et politique
À l'âge de 10 ans, alors que sa sœur aînée, qui en a douze, épouse l'infant Philippe d'Espagne, il est fiancé à l'infante Marie-Thérèse de Bourbon qui en a 13. Ces mariages croisés doivent réconcilier les deux branches Bourbon qui se boudent depuis la rupture des fiançailles de Louis XV de France, père du Dauphin, avec Marie-Anne de Bourbon, sœur de Marie-Thérèse et de Philippe .
En 1744, Louis XV tombe malade à Metz. Avant de lui donner l'extrême onction, l'aumônier de la cour, François de Fitz-James, évêque de Soissons, exige le renvoi de la favorite ainsi qu'une confession publique. Entretemps, mené par son précepteur, le jeune Louis-Ferdinand, 14 ans, et donc apte à accéder au trône, est venu au chevet de son père ce que le roi, comprenant les manœuvres intrigantes du précepteur, trouve fort mauvais. L'humiliante confession publique que le roi se doit d'effectuer devant les Messins fait un très mauvais effet sur l'adolescent. L’année suivante, à l'âge de 15 ans, Louis épouse le 23 février 1745 au château de Versailles sa cousine (tante à la mode de Bretagne) l'infante d'Espagne Marie-Thérèse de Bourbon, deuxième fille de Philippe V. Les deux époux font front commun contre la nouvelle favorite, la marquise de Pompadour. Cependant Marie-Thérèse meurt l'année suivante en donnant le jour à une petite fille qui ne vit que deux ans. Veuf à 17 ans, Louis est très affecté par la mort de son épouse. Nonobstant, la raison d'État l'oblige à avoir des enfants mâles aptes à accéder au trône.
En pleine guerre de succession d'Autriche, il se remarie le 9 février 1747 à Versailles avec la fille du roi de Pologne, Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), qui lui donne huit enfants, dont cinq parviendront à l'âge adulte. Ce fut une lourde tâche pour l'adolescente car, toujours attaché à Marie-Thérèse, le Dauphin ne montre d'abord à la jeune princesse allemande de 16 ans que froideur voire mépris. Mais Marie-Josèphe est une femme d'un esprit supérieur : peu à peu, soutenue par ses belles-sœurs, conseillée par son oncle, le maréchal de Saxe, elle apprivoise son mari, modère ses excès de dévotion et de rigueur morale tout en étant elle-même très pieuse. Leur couple sera finalement très uni.
Le prince et son père
Son père ne fut jamais proche de lui bien qu'il l'aimât certainement : Louis XV avait une vie privée qui ne plaisait pas au Dauphin, ce qui éloigna le père et le fils pendant longtemps. Le Dauphin connut son baptême du feu aux côtés de son père à la bataille de Fontenoy (1745). Il fit preuve de courage voire d'enthousiasme mais recevant cependant de la bouche même du roi une belle leçon d'humanité propre à édifier le futur monarque : « Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire c'est de l'épargner»
À partir de l'attentat de Damiens contre le roi, au cours duquel Louis et ses compagnons maîtrisèrent le régicide, en 1757, il fut invité à participer aux séances du Conseil du Roi, où il se fit remarquer par ses positions cléricales.
C'était en outre un homme fort pieux, chaste, sobre et fidèle à son épouse, ce qui était rare à la cour. Préférant la méditation aux exercices physiques, il ne pratiquait pas la chasse, activité pourtant réservée aux seuls nobles et fut le premier Bourbon à être obèse (héritage de son grand-père maternel). Son sérieux le faisait passer pour pédant.
D'aucuns cherchèrent à le diffamer, lui prêtant maîtresses ou excès d'alcool. C'est peut être le cas du Père Anselme.
Une mère résignée
Très proche de sa mère, souffrant des adultères du roi, il était le centre du parti dévot, qui condamnait la politique et la vie privée du roi et ne se gênait pas pour montrer son mépris à la marquise de Pompadour, qui, elle, soutenait le parti des philosophes. Ses sœurs et lui-même avaient surnommé la favorite Maman Putain. Il désapprouva l'expulsion des jésuites en 1764 mais soutenait son père contre les parlements.
En 1761, il perd son fils aîné, âgé de 10 ans, ce qui lui cause un immense chagrin mais il ne reporte pas son affection sur son fils suivant le duc de Berry, futur Louis XVI mais sur le cadet plus ouvert et spirituel, le comte de Provence, futur Louis XVIII.
Mort et inhumation
Louis-Ferdinand meurt de tuberculose à 36 ans peu avant Noël 1765. Sa dépouille est inhumée dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens. Sa femme, qui l'avait veillé pendant sa maladie, contracta son mal et le suivit deux ans plus tard dans la tombe.
Le tombeau du couple delphinal fut profané en mars 1794 par les révolutionnaires, qui jetèrent le cadavre dans une fosse commune de la ville.
À la Restauration, sur ordre du roi Louis XVIII, fils du dauphin, et grâce à des témoins, on retrouva le corps et on le replaça dans la cathédrale le 8 décembre 1814.
Descendance
Marie-Thérèse, dite Madame (1746 - +1748), sans postérité.
Marie Zéphirine, dite Madame (1750 - +1755), sans postérité.
Louis Joseph Xavier, duc de Bourgogne (1751 - +1761), sans postérité.
Fille non baptisée (fausse couche ou mort-née ?) (1752).
Xavier Marie Joseph, duc d'Aquitaine (1753 - +1754), sans postérité.
Louis Auguste, duc de Berry (1754 - +1793), dauphin en 1765, (futur Louis XVI de France), épouse en 1770 Marie-Antoinette d'Autriche (postérité éteinte à la première génération).
Louis Stanislas Xavier, comte de Provence (1755 - +1824) (futur Louis XVIII de France), épouse en 1771 Marie-Joséphine de Savoie (sans postérité).
Charles-Philippe, comte d'Artois (1757 - +1836) (futur Charles X de France), épouse en 1773 Marie-Thérèse de Savoie (dont il eut deux fils et une fille).
Marie Adélaïde Clotilde Madame (1759 – +1802) épouse en 1775 Charles-Emmanuel IV de Savoie, roi de Sardaigne (sans postérité), déclarée "Vénérable".
Elisabeth Philippine, Madame (1764 - +1794) (sans alliance ni postérité).

.File:Louis, Dauphin of France.jpg

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14 novembre 2009

Charles X

Fichier:Charles X Roi de France et de Navarre.jpg

Charles X (château de Versailles, 9 octobre 1757 – Görz, Empire d'Autriche, 6 novembre 1836) fut roi de France de 1824 à 1830.

Jeunesse
Petit-fils de Louis XV, Charles-Philippe est le cinquième fils du dauphin Louis-Ferdinand et de son épouse, la dauphine,  Marie-Josèphe de Saxe .L'enfant est le plus jeune frère du roi Louis XVI alors duc de Berry et du comte de Provence, futur Louis XVIII. Deux filles le suivront Marie-Adélaïde-Clotilde, future Reine de Sardaigne et Élisabeth, victime de la terreur révolutionnaire.
Il est d'abord titré comte d'Artois (en mémoire de Robert de France, comte d'Artois, frère de saint Louis), mais le choix de ce titre serait également lié aux conséquences de la tentative d'assassinat menée par Damiens contre Louis XV.
Il est baptisé le 22 octobre 1763 avec les prénoms Charles Philippe. Sa marraine est sa tante Sophie-Philippine de France, et son parrain le roi Charles III d'Espagne (ce qui explique le choix de ses prénoms).
Mariage et famille
File:Charles X of France.png

Il épouse le 16 novembre 1773 Marie Thérèse de Sardaigne (1756-1805), dont il a deux fils, Louis-Antoine, le duc d'Angoulême (futur dauphin) et Charles Ferdinand, le duc de Berry, et deux filles mortes en bas âge : Sophie (1776-1783) et Marie-Thérèse (1783).
En 1772, âgé de 15 ans, il est colonel général des Suisses et Grisons.
Il assiste au sacre de son frère Louis XVI en 1775, où il représente le duc de Normandie, pair du Royaume. Il est également apanagé des duchés d'Angoulême et de Mercœur.
Son grand amour : Louise d'Esparbès de Lussan
À un certain moment, il s’attache durablement à Louise d'Esparbès de Lussan, épouse de Denis de Polastron (1758-1821), demi-frère de la duchesse de Polignac, confidente de la reine. Cette liaison ne donne aucune descendance au comte d’Artois.
Devenue par son mariage Madame de Polastron elle se trouve donc être la belle-sœur de Yolande de Polastron, comtesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France, amie de la reine Marie-Antoinette. Ami de cette dernière, le comte d'Artois se rend comme elle impopulaire par ses dépenses inconsidérées, et le public leur attribue une liaison, à tort sans doute.
Louise d'Esparbès de Lussan meurt précocement de la tuberculose en 1804 à l'âge de 39 ans. Le comte d'Artois est très affligé par cette disparition, car il a été réellement amoureux. On peut même dire que Louise a été l'un des grands amours de sa vie, sinon le seul qui ait eu une véritable importance. Très marqué par ce deuil, il décide de rester chaste et se tourne vers la religion, au point de devenir un véritable dévot. Sa vie privée devient dès lors irréprochable.

Pastel de Kucharski

Peu de temps après, il se rapproche du courant ultramontain de l'Église catholique de France dont il soutient avec enthousiasme l'influence.
Ses fils
Sa préférence va à son plus jeune fils, Charles Ferdinand, duc de Berry, qui lui ressemble beaucoup, au physique comme au moral.
L’aîné, Louis Antoine, duc d'Angoulême, au contraire, est timide et souffre de problèmes d’impuissance et de tics nerveux.
La carrière politique

Bon vivant et léger, il entraîne dans un tourbillon de fêtes mondaines sa belle-sœur, la reine Marie-Antoinette.
Il acquiert le château de Maisons où il s'en va chasser en joyeuse et galante compagnie dont fait partie la jeune vicomtesse de Beauharnais...
Il commence à s’intéresser à la politique avec la première grande crise de la monarchie, en 1786, après laquelle il prend la tête de la faction réactionnaire à la cour de Louis XVI. Le comte d'Artois devient le chef de file des réformateurs de ce que Jean-Christian Petitfils appelle la "Révolution royale", c'est-à-dire le projet radical de Calonne.
Il se heurte donc aux Notables réunis en assemblée : Charles accepte la suppression des privilèges financiers de l'aristocratie, mais non la réduction des privilèges sociaux dont jouissent l'Église et la noblesse.
Il pense qu’on peut réformer les finances de la France sans renverser la monarchie. Selon ses propres mots, le temps est venu de réparer mais non de démolir.
Il suscite la colère du tiers état en s’opposant à toute initiative d'accroître son droit de vote en 1789, amenant son frère à l’accuser d’être « plus royaliste que le roi ».
En liaison avec le baron de Breteuil, il noue des alliances politiques pour chasser Necker.
Ce plan échoue quand Charles essaie de le faire renvoyer le 11 juillet, sans que Breteuil soit au courant, beaucoup plus tôt que prévu à l’origine. C'est le début d’une brouille qui se change en haine réciproque.
Émigration
Le comte d’Artois est l'un des premiers à émigrer, le 16 juillet 1789. Il parcourt les diverses cours de l'Europe pour chercher des défenseurs à la cause royale. Il se trouve à Turin - chez son beau-père et son beau-frère - de septembre 1789 à juillet 1791, où il porte alors le titre de marquis de Maisons, ainsi qu'à Bruxelles, Coblence, résidence de son oncle maternel l'Archevêque-Électeur de Trêves et Liège.
Il quitte Hamm en août 1794 comme comte de Ponthieu. Il se rend enfin en Grande-Bretagne et assiste aux conférences de Pillnitz, 1791.
Nommé par Monsieur (son frère, futur Louis XVIII) devenu lieutenant général du royaume après la mort de son frère Louis XVI, du 28 janvier 1793 à 1814.
À la mort de son neveu Louis XVII le 8 juin 1795, il est appelé Monsieur, frère du roi. Il veut opérer, avec le secours des Anglais, un débarquement à l'île d'Yeu sur les côtes de la Vendée (1795) (pour aider les insurgés Vendéens), mais il n'y peut réussir. Il se rend en Grande-Bretagne où il passe le reste de la Révolution et du Premier Empire.
La Restauration

Louis XVIII2.jpg

En 1814, il est nommé lieutenant-général du royaume, il pénètre en Suisse allemande, à la suite des alliés, et fait son entrée à Berne le 15 avril. Au premier moment, il sait se concilier les esprits par l'aménité de ses manières; mais il se perd bientôt dans l'opinion en signant, avec un empressement que condamne Louis XVIII même, un traité qui enlève à la France toutes les places conquises depuis 1792.
Après le 2e retour de Louis XVIII (1815), il se tient éloigné des affaires et emploie tout son temps soit à la chasse qui est pour lui une passion, soit à des pratiques religieuses. Il oublie la guerre.
Chef occulte du parti royaliste
Malgré les apparences, il reste secrètement actif dans la sphère politique, en étant le chef occulte du parti ultra-royaliste.
Règne

Fichier:6coronat.jpg

À la mort de son frère Louis XVIII, en 1824, il monte sur le trône, et renoue avec la tradition du sacre, le 29 mai 1825 dans la cathédrale de Reims.
Il devient aussi co-prince d'Andorre.
Il débute par quelques mesures libérales, et abolit la censure des journaux, mais il ne tarde pas à se jeter dans les bras des ultra-royalistes, dont Jean-Baptiste de Villèle est le chef, et s'aliène l'opinion par la loi du sacrilège, la concession d'indemnités aux émigrés, par la loi dite du "milliard des émigrés" ; le licenciement de la garde nationale, le rétablissement de la censure (1825-1827). Son règne est marqué par la domination des « ultras », la frange revancharde des royalistes, opposée à la Charte de 1814.
Son catholicisme dévot indispose le peuple de Paris, volontiers anticlérical voire anticatholique ; comme à l’enterrement de Louis XVIII, il est habillé de violet, couleur de deuil des rois de France, le bruit court qu’il est évêque ; des caricatures le montrent en train de célébrer la messe devant les membres de sa famille.
Pour calmer les mécontents, il forme en janvier 1828 un ministère modéré, présidé par Jean-Baptiste Sylvère Gay, vicomte de Martignac. Ce ministère réparateur a déjà réussi à ramener les esprits, lorsqu'il est brusquement congédié et remplacé, le 8 août 1829, par le ministère de Jules de Polignac, qui fait renaître toutes les défiances.
En effet, peu de mois après, et malgré le respectueux avertissement donné par l'adresse des 221 députés, Charles X tente de rétablir son autorité face au développement de l'opposition libérale. Il promulgue pour cela les « ordonnances de Saint-Cloud » qui dissolvent les chambres, convoquent les collèges électoraux en changeant de mode d'élection, et suspendent la liberté de la presse (25 juillet 1830).
File:Charles X In 1829.jpg

Deux événements importants se sont accomplis sous le règne de Charles X :
l'intervention en faveur des Grecs, qui a pour résultat la victoire de Navarin (1827) et amène l'affranchissement de la Grèce (1830),
l'expédition contre le dey d'Alger, qui aurait offensé par un coup d'éventail le consul de France, expédition qui aboutit à la prise d'Alger (6 juillet 1830).
Littérature et arts décoratifs
Le nom de Charles X est resté à un style dans les arts décoratifs qui reste proche de celui du Premier Empire. Mais ce qui caractérise la courte période de son règne est un revivalisme médiéval et l'essor du style troubadour.
Même si elles sont parues avant, certaines œuvres de Chateaubriand comme le Génie du Christianisme sont caractéristiques de l'esprit du règne.
"Révolution de Juillet"
ces ordonnances inconstitutionnelles excitent immédiatement une réprobation universelle; Paris se soulève les 27, 28 et 29 juillet : ce sont les Trois Glorieuses de 1830, ou « Révolution de Juillet », qui renversent finalement Charles X. Le 30, Louis-Philippe, duc d'Orléans, est nommé Lieutenant-Général du Royaume par les députés insurgés, poste qu'il accepte le 31.
Abdication
Le 2 août, Charles X, retiré à Rambouillet, abdique et convainc son fils aîné le dauphin Louis Antoine de contresigner l'abdication.
Il confie à son cousin le duc d'Orléans la tâche d'annoncer que son abdication se fait au profit de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, âgé de dix ans, faisant du duc d'Orléans le Régent.
Leur résolution est annoncée dans une lettre du roi déchu au duc d'Orléans :
« Mon cousin,
Je suis trop profondément pénétré des maux qui affligent et qui pourraient menacer mes peuples pour n'avoir pas cherché un moyen de les prévenir. J'ai donc pris la résolution d'abdiquer la couronne en faveur de mon petit-fils le duc de Bordeaux.
Le Dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu.
Vous aurez, en votre qualité de lieutenant Général du Royaume, à faire proclamer l'avènement de Henri V à la couronne. Vous prendrez d'ailleurs toutes les mesures qui vous concernent pour régler les formes du nouveau gouvernement pendant la minorité du nouveau roi...
Vous communiquerez mes intentions au corps diplomatique et vous me ferez connaître le plus tôt possible la proclamation par laquelle mon petit-fils sera reconnu sous le nom de Henri V. »
Il existe une controverse sur l'abdication : Charles X ne peut forcer son fils à renoncer à ses droits, car la dynastie de France est successive et non héréditaire. Ce dernier, devenu fictivement « Louis XIX » entre le moment où son père signe l'abdication et le moment où lui-même la contresigne, aurait pu conserver la Couronne pour lui-même et reprendre en main l'armée et le pays, mais finalement, il renonce par obéissance ou par faiblesse.
Malgré l'abdication, le duc d'Orléans prend le pouvoir sous le nom de « Louis-Philippe Ier ». Le 3 août, en effet, devant les Chambres réunies, il annonce bien l'abdication de Charles X, contresignée par le dauphin... mais ne mentionne pas qu'elle est effectuée en faveur du duc de Bordeaux.
Par ailleurs, Charles X - déjà en exil - interdit à la duchesse de Berry, la mère du duc de Bordeaux, d'amener son fils à Paris.
Charles X embarque à Cherbourg pour l'exil sans laisser de consigne à ses fidèles; c'est alors le début de la monarchie de Juillet.
En exil, Charles X porte le titre de courtoisie de « comte de Ponthieu ».
Le roi déchu se retire d'abord au palais de Holyrood, en Écosse.
Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, il s'installe au Château de Prague. Il y reçoit des visites de Chateaubriand. Ils partent ensuite à České Budějovice. Il doit fuir une épidémie de choléra et part enfin à Görz (alors en Autriche), actuelle Gorizia e Nova Gorica (ville divisée en 1947 par la ligne militaire Morgan).
Il meurt dans cette ville du choléra le 6 novembre 1836 et est inhumé à Kostanjevica (Nova Gorica, Slovénie).
Mort
« (…) Mme Adélaïde (sœur de Louis-Philippe) mande à M. de Talleyrand que la Cour ne prendra pas le deuil à l'occasion de la mort de Charles X, faute de notification (…) (la mort) divise, à Paris, sur tous les points. Chacun y porte le deuil à sa façon, depuis la couleur jusqu'à la laine noire, avec des gradations infinies, et des aigreurs nouvelles à chaque aune de crêpe en moins. Puis, les uns disent le comte de Marnes et Henri V, les autres Louis XIX. Enfin, c'est la tour de Babel; on n'est même pas d'accord sur la maladie dont Charles X est mort ! (…) Il y a eu division sur la question du deuil jusque dans la famille royale actuelle : la Reine, qui l'avait pris spontanément le premier jour, a été très peinée que le Ministère le lui ait fait quitter. Le Cabinet a craint la controverse des journaux (…). »
— duchesse de Dino, de Rochecotte, les 21 et 28 novembre 1836, dans Chronique de 1831 à 1862, Plon, 1909, pp.107 et 108.
À la mort de Charles X, l'effet de la double abdication du 2 août 1830 aurait dû conduire à la proclamation de son petit-fils, le duc de Bordeaux, sous le nom de Henri V.
Pourtant, le fils aîné de Charles X, le dauphin Louis Antoine, signe une proclamation dans laquelle, tout en confirmant sa renonciation de 1830, il déclare que « dans les circonstances actuelles », l'intérêt de son neveu exige qu'il soit « chef de la maison de France » et investi de l'autorité royale, sous le nom de « Louis XIX » et avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes », jusqu'au jour où « la monarchie légitime sera rétablie » : il transmettrait alors la Couronne à son neveu.
Cette subtilité s'explique par le fait que, la mort de Charles X investissant ipso facto le Dauphin de la royauté, il suffit de notifier le décès aux cours européennes pour notifier également l'élévation de Louis XIX.
En revanche, la reconnaissance de l'accession au trône d'Henri V implique la notification de la double abdication de 1830, dont on peut redouter que les Cours refusent de la recevoir dès lors qu'elles ont toutes reconnu la monarchie de Juillet.
Un descendant de Charles X règne de nos jours : le grand-duc Henri de Luxembourg; son grand-père, Félix de Bourbon-Parme, époux de Charlotte de Luxembourg, a pour grand-mère Louise d'Artois, fille du duc de Berry et petite-fille de Charles X.

File:François Pascal Simon Gérard 006.JPG

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15 novembre 2009

Louis-Charles de France ou Louis XVII

Louis-Charles de France ou Louis XVII pour les royalistes (27 mars 1785 - 8 juin 1795), second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, duc de Normandie, dauphin de France à partir de 1789, puis prince royal de 1791 à 1792. Suivant l'ordre dynastique, il fut reconnu comme roi de France, de la mort de Louis XVI en 1793 à sa mort à la Prison du Temple à l'âge de 10 ans en 1795, par les puissances coalisées et par son oncle, futur Louis XVIII, bien que son « règne », durant lequel il fut en permanence emprisonné, ait été entièrement symbolique.
Enfance
Louis-Charles de France est né au château de Versailles en 1785. Comme deuxième fils de Louis XVI, il n'est donc pas destiné à la naissance à prendre la succession de son père, mais la mort de tuberculose osseuse — mal de Pott — de son frère aîné Louis de France le 4 juin 1789 en fait le dauphin de France, puis le « prince royal » à partir de 1790.
Il passe sa première enfance à Versailles, entourée d'une nombreuse Maison, comprenant de très nombreux serviteurs attachés à sa personne, parmi lesquels Agathe de Rambaud, sa berceuse, Louise-Elisabeth de Croÿ de Tourzel comme gouvernante et Jean-Baptiste Cant Hanet dit Cléry, son valet.
Après la journée du 10 août 1792, Louis-Charles est emprisonné avec ses parents à la Prison du Temple et perd son titre de dauphin de France. Confié plus particulièrement à la garde de son père, celui-ci poursuit son éducation avant d'en être séparé, lorsque le roi est exécuté, au matin du 21 janvier 1793.
La captivité au Temple
En vertu du principe selon lequel la continuité dynastique est automatique en France (le Dauphin succède au roi précédent dès l'instant de la mort de ce dernier), aux yeux des royalistes, Louis-Charles succède à son père, guillotiné, le 21 janvier 1793.
Sous le nom de Louis XVII, il est reconnu comme tel par Monsieur, frère cadet de Louis XVI et futur Louis XVIII, alors émigré à Hamm, près de Düsseldorf, en Westphalie. L'impératrice Catherine II de Russie fit même chasser de son royaume tous les Français ne reconnaissant pas la légitimité du petit roiééé[réf. nécessaire]. Les Vendéens et les Chouans, mais aussi de fidèles royalistes dans d'autres provinces, se battront et mourront en son nom. Leurs étendards portent l'inscription : « Vive Louis XVII ».
Le jeune Louis-Charles est confié à sa mère, également emprisonnée au Temple, jusqu'au 3 juillet 1793. Après cette date, il est enlevé à sa mère et mis sous la garde du cordonnier Antoine Simon et de sa femme, qui résident au Temple. Le but est alors d'en faire un petit citoyen ordinaire et de lui faire oublier sa condition royale
L'enfant est alors impliqué dans le procès de sa mère, Marie-Antoinette. On lui fait signer une déclaration de reconnaissance d'inceste, pour ajouter un chef d'accusation contre sa mère.
Antoine Simon, qui s'occupe de l'enfant, est jugé par les historiens comme étant un personnage grossier. Mais tant que le jeune Louis resta sous sa garde, il fut relativement bien traité. Cependant, Simon est rappelé à ses fonctions municipales le 19 janvier 1794. Louis-Charles est alors enfermé au secret dans une chambre obscure, sans hygiène ni secours, pendant six mois, jusqu'au 28 juillet 1794. Son état de santé se dégrade, il est rongé par la gale et surtout la tuberculose. Il vit accroupi. Sa nourriture lui est servie à travers un guichet et personne ne lui parle ni ne lui rend visite. Chez cet enfant de neuf ans, ces conditions de vie entraînent une rapide dégradation de son état de santé.
Le 28 juillet 1794, les comités de salut public et de sûreté générale nomment Laurent, membre du comité révolutionnaire de la section du Temple, pour le garder, lui et sa sœur. Son sort s'améliore relativement, même s'il demeure prisonnier dans la tour du Temple.
L'enfant meurt dans sa prison, probablement d'une péritonite tuberculeuse, le 8 juin 1795, à l'âge de dix ans et après bientôt trois ans de captivité.

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16 novembre 2009

Marie-Thérèse-Raphaelle de Bourbon

Marie-Thérèse-Antoinette-Raphaëlle de Bourbon, infante d'Espagne, née le 11 juin 1726, était fille de Philippe V, roi d'Espagne et d'Élisabeth Farnèse. Elle était décrite pour être belle et haute avec dignité. Cependant, ses cheveux roux lui valurent quelques remarques désobligeantes lors de son arrivée en France.
Son mariage avec le dauphin Louis-Ferdinand de France marquait la réconciliation entre la France et l’Espagne, parallèlement à celui de Madame Première avec l'infant Philippe après l'échec des fiançailles de Louis XV et de Marie-Anne-Victoire, sœur aînée de Marie-Thérèse et Philippe. Le mariage eut lieu le 23 février 1745 mais ne fut pas consommé dans ses premiers temps, ce qui gêna la dauphine vis-à-vis de son époux et de la cour. Très timide, distante, elle préférait la plupart du temps demeurer dans ses appartements et détestait le jeu.
En septembre 1745, l'union fut consommée, mettant fin aux commérages des courtisans, qui insinuaient que Louis-Ferdinand, âgé de 16 ans, était impuissant. Cet événement rapprocha les époux, qui passèrent dès lors la plupart du temps ensemble, dans une grande dévotion, à l’opposé du roi. La nouvelle favorite, Mme de Pompadour, était détestée par le dauphin qui, avec ses sœurs l'appelait Maman Putain et tout autant par Marie-Thérèse. Cette dernière fut tout aussi hostile au monarque, qui ne communiait plus depuis des années, et prétendait que «sa timidité l’empêche totalement de lui parler».
Peu après, Marie-Thérèse se trouva enceinte. L’accouchement était prévu pour le début juillet 1746, mais le terme se fit attendre, ce qui exaspérait Louis XV. Finalement, elle mit au monde, le 19 juillet 1746, une fille que le dauphin, profondément épris, fit prénommer Marie-Thérèse pour rendre hommage à son épouse.
La dauphine ne se remit pas de son accouchement et mourut le 22 juillet suivant. Son époux éprouva un chagrin extrême, qui persista même après son remariage avec l'intelligente Marie-Josèphe de Saxe.
Leur fille, la petite Marie-Thérèse de France (1746-1748), suivit sa mère dans la tombe en avril 1748, âgée de 21 mois.

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Marie-Thérèse de Sardaigne (1756-1805)

Marie-Thérèse de Sardaigne, plus connue sous le nom de Marie-Thérèse de Savoie (Turin 1756 - Graz 1805)
Née le 31 janvier 1756, elle est la fille de Victor-Amédée III, duc de Savoie et roi de Sardaigne, et de l'infante d'Espagne Marie Antoinette de Bourbon. Elle est ainsi la sœur de sa belle-sœur Marie-Josèphe-Louise de Savoie

Marie-Thérèse de Savoie (1756-1805)
Le 16 novembre 1773, elle épouse le troisième des petit-fils de Louis XV, Charles-Philippe, comte d'Artois, futur Charles X. Mais les noces ne semblent convenir à aucun des deux intéressés puisque Charles devait d'abord épouser sa cousine Mademoiselle de Condé, et Marie-Thérèse reste muette et lasse durant toutes les fêtes.
Elle donne à son époux quatre enfants, les derniers Bourbon directs :
Louis-Antoine, duc d’Angoulême (1775-1844) épouse en 1799 sa cousine Marie-Thérèse de France dite “Madame Royale”, fille des défunts Louis XVI et Marie-Antoinette de France,
Sophie (1776-1783)
Charles Ferdinand d'Artois, duc de Berry (1778-1820) se marie secrètement avec une jeune Anglaise dont il a deux filles puis à la Restauration avec Caroline des Deux-Siciles
Marie-Thérèse (1783)
La comtesse d'Artois ne devient néanmoins jamais reine : en effet, arrachée à sa famille lors de la Révolution et exilée à Graz avec son époux après une quasi inexistence à la Cour, elle s'y éteint en 1805. Elle a été enterrée à Graz, dans le mausolée imperial à côté de la cathédrale.File:Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois.jpg
Elle reste l'un des membres de la famille royale les moins aimés à la Cour, quoique sa belle-sœur, la célèbre Marie-Antoinette, se discréditera vite également.

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17 novembre 2009

Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Angouleme (1775-1844)

 

 Louis antoine artois.jpg

Louis-Antoine d'Artois, duc d’Angoulême, devenu Louis-Antoine de France, dauphin de France, puis Louis de France. Nonobstant le principe d'indisponibilité de la Couronne, il eût été éphémère roi de France durant vingt minutes très exactement, sous le nom de Louis XIX, lors des événements des Trois Glorieuses et abdiqua avant de s'exiler avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes ». Aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » (1836-1844).
Jeunesse
Né le 6 août 1775 à Versailles, il est le fils aîné de Charles X de France (1757-1836) et de son épouse Marie Thérèse de Sardaigne (1756-1805), de la maison de Savoie. Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par Louis XVI de France.
Il émigre le 13 juillet 1789 et rejoint l’armée de Condé en 1792.
À partir de 1807, Monseigneur de La Fare, évêque de Nancy, est chargé par Louis XVIII de lui verser, ainsi qu'à son frère Charles Ferdinand de Bourbon, duc de Berry, des sommes importantes pour l'entretien de sa Maison, pour les pensions de l'armée des princes et pour assurer la subsistance de ses compatriotes. Toutes les communications du continent avec l'Angleterre étaient interdites et les militaires de l'armée de Condé ne pouvaient plus recourir à Londres pour y toucher du gouvernement britannique leurs pensions alimentaires. Monseigneur de La Fare était chargé de d'ordonnancer et de vérifier le paiement de ces pensions sur des maisons de banque de Vienne. Pour les mois de mars et d'avril 1807 le versement fut ainsi de 18 676 livres tournois (soit l'équivalent de 1 634 150 euros).
Il combat en Espagne aux côtés de Wellington en 1814.
En mars 1815, étant en voyage officiel à Bordeaux, il apprend le débarquement de Napoléon à Golfe Juan. Il milite alors avec son épouse pour les royalistes, essayant d'empêcher le ralliement de Bordeaux à l'ex-empereur. Toutefois il échouera et se verra contraint d'émigrer quinze jours après Louis XVIII, le 3 avril 1815. À Donzère, durant les Cent Jours, il réclame l'exécution de la convention de La Palud à Grouchy, qui en réfère à Napoléon. Sur l'ordre exprès de ce dernier, Grouchy arrête le duc et l'envoie à Sète.
Après l'exil
En 1823 il conduisit la victorieuse Expédition d'Espagne, qui gagna la bataille du fort du Trocadéro, s'empara de Cadix et restaura, en monarque absolu, Ferdinand VII d'Espagne.
À l'avènement de son père Charles X en 1824 il devient dauphin de France.
Suite aux émeutes dites des « Trois Glorieuses », Charles X abdique le 2 août 1830 en faveur de son petit-fils Henri d'Artois (1820-1883), abdication contresignée par Louis Antoine de France qui déclare renoncer à ses droits en faveur de son neveu (d’après Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil dans ses Souvenirs, Charles X eut du mal à convaincre son fils de signer). Cette abdication, contraire aux lois fondamentales du royaume, est de toute façon sans effets, car Louis Philippe d’Orléans se fait proclamer roi des Français par les chambres le 7 août, et la famille royale part pour l’exil le 16 août.
Puis, au décès de son père à Göritz (Autriche) le 6 novembre 1836, Louis-Antoine de France devient l’aîné des descendants d’Hugues Capet, de saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV. Les légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX ».
À sa mort en exil à Göritz (Autriche ; maintenant Gorizia, en Italie) le 3 juin 1844, son neveu, Henri d'Artois (1820-1883) lui succède comme aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » sous le nom d'« Henri V ».
En exil, Louis de France portait le titre de courtoisie de « comte de Marnes ».
Il est enterré à Nova Gorica, en Slovénie.
Louis XIX
Même si officiellement ce fait n'est que peu évoqué, on peut considérer que Louis XIX a bien régné sur la France. En effet, lorsque Charles X signe son abdication le 2 août 1830, son fils signe l'acte de renoncement à la couronne. Or, entre le moment de l'abdication de son père et la signature de son acte de renoncement, vingt minutes se sont écoulées, pendant lesquelles il fut officiellement Louis XIX.Selon un chroniqueur de l'époque (il a récemment été prouvé que cela était faux, il aurait supplié : « Laissez-moi régner seulement une heure. » On lui répondit alors : « Vous ? Sûrement pas ! ». Ces vingt minutes font de lui le roi ayant régné durant le laps de temps le plus court (Jean Ier et Henri V sont deuxièmes ex-aequo, avec cinq jours de règne).
Mariage et descendance
Le 10 juin 1799, il épouse au château de Mittau (Russie) sa cousine germaine Marie Thérèse de France (1778-1851), fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas d'enfants.
De retour de son exil, après la chute de Napoléon, Louis-Antoine d'Artois eut une relation extra-conjugale avec une noble d'origine basque, Marie de Metève, avec laquelle il eut un fils, non dynaste: Louis-Ferdinand de Bourbon. La descendance de cette branche émigra en Argentine, pays où les Borbón-Meteve sont encore présents avec la citoyenneté argentine.

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18 novembre 2009

Marie-Thérèse de France (1746-1748)

Marie-Thérèse de France (19 juillet 1746 - 27 avril 1748) est la fille du prince Louis de France, dauphin (1729-1765)  et de sa première épouse, l'infante Marie-Thérèse de Bourbon (1726-1746). Sa mère mourut peu de temps après sa naissance.
Le dauphin, inconsolable, fut rapidement et contre son gré remarié à Marie-Josèphe de Saxe. Cette princesse de 16 ans, par son tact et sa présence d'esprit, sut se faire aimer de toute la famille royale et finalement par son époux lui-même. On la vit pleurer amèrement aux obsèques de sa petite belle-fille.
Marie-Thérèse de France était donc la demi-sœur des futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

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